Allocution du Professeur FRIBOULET

Allocution d’ouverture de Monsieur le Professeur Jean-Jacques FRIBOULET (Université de Fribourg)

 

M le Recteur, M. Le Conseiller Culturel, Mesdames et Messieurs, Chers Collègues,

Le Comité d’organisation est très heureux de vous accueillir dans notre Université. Nous vous souhaitons à tous une cordiale bienvenue.

Après Luxembourg et Strasbourg, Il est logique, que notre association réalise ses 27è journées à Fribourg. Ces trois villes au patrimoine extrêmement riche, sont des lieux de contact entre les cultures germanophone et francophone. Ce caractère a donné à leurs universités un intérêt particulier pour l’ouverture au monde.

Notre Alma Mater a toujours compté dans ses rangs un fort pourcentage de professeurs et d’étudiants venant de l’étranger, tant du Nord que du Sud, et sa faculté d’économie un enseignement tourné vers les questions de développement depuis la fin des années 1940.

Un deuxième élément a rapproché notre département d’économie politique de l’Association Tiers-Monde. La question du développement a toujours été centrée ici sur la personne, une personne qui n’est pas réduite à ses besoins mais qui est considérée selon l’ensemble de ses capacités selon la belle théorie d’A. Sen.

Un troisième élément de proximité entre nos deux institutions résulte de cette conception des capacités. La multi-dimensionnalité du développement impose des recherches interdisciplinaires. Cette interdisciplinarité de l’association est une richesse essentielle qui est partagée par la revue Mondes en développement.

Lorsque l’an dernier nous avons proposé le thème des rapports entre la construction des sociétés civiles et le développement, nous étions loin de nous douter que le printemps arabe allait donner une forte actualité à notre questionnement. Nous avions proposé ce thème sur la base d’un triple constat :

- Celui de l’émergence de la société civile comme thème pertinent après l’échec du tout Etat ou du tout Marché qui ont fait des ravages dans les pays en développement.

- Celui de la transversalité nord-sud de ce thème. Une des sources des difficultés européennes actuelles est certainement le manque de considération de certaines autorités à l’égard des sociétés civiles .en particulier celles des pays surendettés.

- Enfin il nous est apparu que si le thème avait été abordé par des sociologues, il avait été laissé en jachère par les spécialistes d’autres sciences sociales comme les économistes. Dans une conférence récente, le professeur S. Klasen de l’Université de Göttingen a affirmé que les économistes du développement ont fait trop peu d’efforts pour comprendre les processus d’action publique encore moins leurs politiques. Pour surmonter cette carence il ne faut pas réduire l’action publique à celle de l’Etat ou à la régulation des marchés. Il faut y inclure les activités de la société civile qui contribuent au bien commun.

Nous allons donc travailler sur ce thème durant ces trois jours. Les deux premiers nous y serons aidés par des conférences plénières qui exploreront les trois faces de l’action des sociétés civiles: l’innovation économique et sociale, la subsidiarité et l’action politique. Un autre temps fort voulu par les organisateurs sera la table ronde de demain après-midi qui donnera la parole à trois représentants éminents d’ONG.

Je vous souhaite un fructueux partage d’expériences et un vrai dialogue scientifique au cours de ces trois jours pour que vous puissiez repartir de Fribourg non seulement avec du chocolat mais aussi avec des conceptions enrichies sur les sociétés civiles dans lesquelles, en tant qu’universitaires, nous devons être des acteurs